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  • Photo du rédacteurChrystel Leduc

La socialisation chez le chiot, c'est quoi au juste?


Jusqu’à 16 semaines environ, les chiots sont en pleine période de socialisation, soit la phase la plus déterminante de leur vie. Durant cette période, les chiots sont de vraies éponges. Ils sont curieux et très réceptifs aux nouveaux apprentissages. Les bonnes expériences comme les mauvaises contribueront au développement de leurs connexions neuronales, et elles seront ainsi gravées dans la mémoire à long terme. C’est un peu comme notre petite enfance, toutes nos expériences vécues font de nous les personnes que nous sommes aujourd’hui. En ce sens, les expériences vécues durant cette période de développement influenceront leur comportement futur, leur capacité d’adaptation, et détermineront ainsi leur personnalité (confiant versus craintif). C'est pourquoi cette période est si importante.


La socialisation doit être un processus positif, mais surtout progressif. Une socialisation réussie contribue à former un chien équilibré, confiant, adaptable et sociable, capable de vivre harmonieusement dans différents environnements. En investissant du temps et de l'énergie dans ces apprentissages essentiels, vous contribuerez à établir des bases solides pour le développement d'un compagnon canin bien dans ses pattes !



Le développement du chiot.


L’environnement prénatal du chiot à venir joue un rôle non négligeable. Tout débute dans le ventre de la mère. Une chienne gestante subissant beaucoup de stress au cours de sa grossesse a davantage de chances de mettre au monde des chiots ayant une faible résistance au stress. Il en est de même pour une chienne gestante qui, à la base, est de tempérament nerveux. Les chiots issus de telles portées auront plus de difficultés à se remettre de leurs émotions et à retrouver leur calme lors de situations stressantes ou lorsqu'ils sont effrayés. C’est pourquoi il est toujours conseillé de voir les « parents », ainsi que l’environnement dans lequel ils vivent, avant d’adopter un chiot. La génétique et l'environnement de vie de la mère jouent donc un rôle important quant au tempérament futur du chiot.


L'environnement de vie du chiot, lors de sa période de développement néonatale (de la naissance à 12 jours de vie), est également un facteur déterminant pour son développement. Durant cette période, les chiots doivent être manipulés et exposés à de légers facteurs de stress environnementaux, tels que des changements dans la texture de la surface et la température. Une stimulation d'à peine 3 minutes par jour a un impact positif sur la résistance d'un chiot aux maladies, sur sa réactivité émotionnelle, ainsi que sur l'apprentissage et la résolution de problèmes à l'âge adulte. En ce sens, le chiot doit évoluer dans un environnement lui procurant un minimum de stimulation physique afin de développer sa résilience au stress.


Finalement, lors de sa période de développement transitionnelle (de 12 jours de vie à 3 semaines), le chiot doit être exposé à divers nouveaux stimuli pour réduire les risques de peur et d'anxiété future. Par exemple, l'éleveur devrait exposer les chiots à différents bruits forts (aspirateur, objet échappé au sol, tonnerre, jappements de chiens...), à différents objets inconnus (balai, parapluie, balles, sacs...), et à différentes apparences humaines (couleurs de cheveux, tailles, morphologies, lunettes, chapeaux...). L'éleveur devrait aussi poursuivre les manipulations chez le chiot.


En résumé, pour s'assurer d'être sur la bonne voie pour obtenir un chiot qui a de bonnes chances d'être équilibré et bien dans ses pattes, il est important que celui-ci ait eu un bon début de vie. Le chiot doit être demeuré avec sa famille (mère, frères et sœurs), jusqu'à au moins 8 semaines d'âge, pour développer et apprendre les bases du langage canin. Il doit aussi avoir été exposé graduellement à divers stimuli pour réduire les risques de phobie et d'anxiété future.



Que faut-il faire pour réussir la socialisation chez le chiot?


Lorsque l’on fait référence à la période de socialisation, la plupart des gens croient qu’il faut faire voir et vivre le plus d’expériences possible au chiot, et ce, le plus rapidement. Cela n’est pas tout à fait exact, et un peu plus complexe. L’important n’est pas de miser sur la quantité des expositions, mais plutôt de viser la qualité de celles-ci.


L'exposition à une variété de stimuli est importante, mais il est primordial de respecter le rythme du chiot afin de ne pas créer de mauvaises associations. Le chiot doit vivre des expériences agréables et positives, en évitant autant que possible les situations traumatisantes. En ce sens, il est préférable qu'un chiot ait été un peu moins exposé à différents stimuli ou situations, mais qu'à chaque fois, l'expérience fut une vraie partie de plaisir pour lui. Tandis qu'au contraire, le chiot ayant été exposé à beaucoup de situations, mais qui a vécu de la peur une fois sur deux, risque de devenir de plus en plus réticent aux nouveautés avec le temps.


Pour créer des expériences positives et agréables pour le chiot, il faut combiner l'exposition à quelque chose d'amusant ou de bon, tel qu'une partie de jeu ou de délicieuses gâteries, par exemple. Agir de façon ultra-joyeuse, en motivant le chiot à explorer ce qui semble l'intriguer, est une bonne manière de rendre l'exploration amusante.


Si le chiot prend peur, il est important de respecter son émotion. Il ne faut surtout pas le forcer à rester dans la situation qui l'a mis dans cet état. Si possible, éloignez-vous de la source de stress et dédramatisez la situation. S'il y a lieu, n’hésitez pas à prendre le chiot dans vos bras pour le réconforter. Lorsqu'il sera remis de ses émotions, encouragez-le à apprivoiser la situation ou la chose en question qui l'a effrayé, en respectant son rythme.


Voici quelques-uns des apprentissages essentiels pour assurer le bon développement du chiot :


  1. La gestion de la solitude : Même si l'apprentissage de la solitude n'est pas une partie intégrante de la socialisation, il est crucial pour prévenir l'anxiété et le stress chez le chiot. Il doit progressivement s'habituer à être seul afin de développer son indépendance et sa confiance.

  2. Les manipulations : Habituer le chiot à être touché, examiné et toiletté est important pour son bien-être général. Cela facilite les soins prodigués sur une base régulière, tels que le brossage, le nettoyage des oreilles, la coupe des griffes, la vérification des dents... contribuant ainsi à maintenir une bonne hygiène et à réduire le stress lié à ces manipulations.

  3. Exposition aux nouveautés : Les objets de notre quotidien peuvent nous paraître anodins, mais ce n'est pas nécessairement le cas pour le chiot. Une balayeuse, un vélo, un gros camion, et une tondeuse peuvent rapidement devenir dangereux aux yeux du chiot. Il faut exposer le chiot aux nouveautés d'une manière amusante, en le laissant toujours aller à son propre rythme. Ne forcez jamais les interactions.

  4. Découverte de l'environnement : Le chiot doit être exposé à divers environnements, sons, odeurs, bruits et surfaces. En ce sens, il est important d'apporter votre chiot dans différents lieux : en forêt, en ville, dans un parc, près d'une piste cyclable, dans un stationnement de centre commercial, dans les boutiques où les chiens sont acceptés, chez le vétérinaire lorsqu'il n'a pas rendez-vous, etc. Le chiot pourra ainsi se familiariser avec tout ce qui constitue ces différents lieux, l'amenant également à apprivoiser et à apprécier les trajets en voiture.

  5. Interaction avec les humains : Il est crucial que le chiot soit exposé à différentes personnes, de tous âges, sexes, apparences et tenues. Cela contribue à prévenir la peur envers les humains.

  6. Interaction avec d'autres chiens : La socialisation avec d'autres chiots et chiens adultes est essentielle pour que le chiot apprenne les signaux et les codes sociaux canins, développe ses habiletés au jeu, et établisse des relations saines et positives avec ses congénères. L'apprentissage des interactions avec d'autres chiens doit se poursuivre tout au long de la vie du chien, pour minimiser les comportements agressifs ou craintifs.



Pour résumer, une bonne socialisation permet donc au chiot d’apprendre à interagir avec son environnement, à s’adapter à différentes situations, et à bien se comporter selon les codes sociaux avec les humains (de tous âges) et ses congénères canins... bref, d’apprendre à être confiant et bien dans ses pattes ! D'un autre côté, les chiots ayant été peu socialisés ou pas du tout peuvent souvent développer des problèmes de comportement, tels que des peurs incontrôlables, de l'anxiété, et même de l’agressivité. Heureusement, le chien étant un animal qui sait s'adapter, il est possible de renverser la vapeur.


Si vous avez des préoccupations ou des questions spécifiques sur la socialisation de votre chiot, n'hésitez pas à nous contacter. Vous pourrez être accompagnés et guidés dans cette étape si cruciale de la vie de votre nouveau compagnon.



Chrystel Leduc

Éducatrice canine









RÉFÉRENCES :

  1. Blackwell, E. J., Bradshaw, J. W., & Casey, R. A. (2013). Fear responses to noises in domestic dogs: Prevalence, risk factors and co-occurrence with other fear related behaviour. Applied Animal Behaviour Science, 145(1-2), p.15-25.

  2. Godbout M., Palestrini C., Beauchamp G., Frank D. (2007). Puppy behavior at the veterinary clinic: A pilot study. Journal of Veterinary Behavior, 2, p.126-135.

  3. Jean Donaldson, (2008). Oh Behave! Dogs from Pavlov to Premack to Pinker. Dogwise Publishing, p.159-161. 

  4. Martin K.M. & Martin D., (2011). Puppy Start Right : Foundation training for the companion dog. Karen Pryor Clicker Book, p.2.

  5. Martin K.M. & Martin D., (2011). Puppy Start Right : Foundation training for the companion dog. Karen Pryor Clicker Book, p.26-27.

 




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